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         J’ai d’abord cru qu’écrire, c’était une histoire de vocabulaire, de grammaire et de syntaxe. J’ai mis des mots, fait des phrases, posé des centaines de virgules et de points, choisi certaines majuscules. Il y avait bien des paragraphes, des chapitres, des histoires. Tout était bien à sa place et tout avait du sens. Mais ça ne fonctionnait pas. Les personnages n’existaient pas. Les coeurs ne battaient pas. Je n’écrivais pas. Et puis un jour, j’ai inspiré un peu plus que d’habitude, j’ai vu et entendu un peu plus aussi. J’ai compris que toutes ces images et sensations étaient une matière. Ma matière. C’est là que j’ai rencontré l’écriture. Dans ce corps-à-corps avec la vie. Je me suis nourrie. Et j’ai su que cette nourriture-là serait mon essentiel.
Cette expérience sensorielle et corporelle est vraiment au coeur de ma création. L’intellectuel est secondaire. Parfois même, il m’handicape et me détourne de l’essentiel. Écrire, c’est voir cette robe rouge qui cherche ses plis, cette montagne qui se penche, ces mains qui pressent le zeste d’un citron entre leurs doigts écorchés. C’est entendre le souffle de ce garçon qui soulève le chemisier de sa mère, sentir les pics sous les poils, jouer avec l’écume de l’eau. Écrire, c’est tout simplement respirer. Où que j’aille, où que je sois, j’éponge tout ce qui me touche, me frôle, me noie. J’aime être à des milliers de kilomètres et me laisser surprendre par une odeur, un accent, une couleur que je ne connaissais pas. J’aime cet inconnu qui me fascine et m’enrichit. Comme j’aime être à deux pas de chez moi et observer cette routine merveilleuse qui n’est en fait pas si prévisible que ça. Parce qu’aucune seconde ne se ressemble. Rien n’est identique.
Je suis une nomade curieuse. Emmenez-moi au bout de la terre.

Je suis une danseuse. Ne pas compter et se laisser embarquer.

Je suis une fausse musicienne. Quelques notes sur un vieil accordéon.

Je suis une gourmande, une impatiente, une rêveuse, une tête de mule, une survivante, une distraite, une passionnée. Je suis une conteuse. Brodeuse. De mots. Parce que j’ai besoin des lettres pour décrire le froissement d’une peau.

 

 

                                                              Diane Peylin

 

BIBLIOGRAPHIE

La Grande Roue

LES ESCALES                                Janvier 2018                ROMAN

Même les pêcheurs ont le mal de mer*

LES ESCALES                                 Juin 2016                     ROMAN

Quand je serai grande, je serai vieille 

FLAMMARION                                  Février 2015                RECIT

Sang tsigane

Les Nouveaux Auteurs               Mai 2012                       ROMAN

A L'endroit où elles naissent *

Les Nouveaux Auteurs               Mai 2011                       ROMAN

Noa, de l'autre côté 

Balivernes éditions                     Avril 2010                    CONTE

Chambre 442

Jacques André éditeur              Novembre 2008         NOUVELLE

* Réédité en format poche chez POCKET